Leurs banderilles, les TorrEros ne les plantent pas dans la chair dure des taureaux. En Suisse, ce groupuscule d’une quarantaine de membres a déclaré la guerre à la corrida. Nous avons rencontré Claudio, un matin ensoleillé, dans une vallée de bon lait. "Tout doux Edelweiss, hola, mollo", a-t-il ordonné du haut de sa bête lancée à pleine allure. Il en est descendu, a posé un baiser délicat sur la truffe noire de son destrier, avant de le laisser brouter au milieu des pâquerettes. "Lui, c’est Edelweiss, rescapé des arènes de Séville en 2009", nous présente-t-il en remontant son boxer. Les TorrEros ont fait de la défense des taureaux leur cause sacrée, leur Croisade. "En France, vous avez une expression je crois : bander comme un taureau. Si nous tuons ces bêtes, cela signifie tuer l’Idéal, la Référence, le Beau". La démonstration est puissante. Claudio nous propose un bâton de réglisse puis scrute la montagne de ses yeux d’aigle.
"Regardez ces toreros espagnols, dans leurs collants moulants. Merde ! On dirait des danseuses, des chougneuses", lâche le blond helvète en brandissant un doigt d’honneur en direction du sud, en direction de "l’enfer ibérique". "Nous on ne veut pas de ça. La virilité, c’est un bien à défendre, dans l’espèce humaine, animale comme végétale". Nous apprendrons peu de temps après que Claudio est un grand collectionneur de cactus-cierges. "Edelweiss, mon ami, est doux comme un agneau. Le monde doit ouvrir les yeux, le monde doit sentir la tendresse du mâle". L’Espagne aurait récemment classé les TorrEros comme "organisation terroriste".
La photo est issue de www.bauernkalender.ch/ Ça vaut le détour.








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