Claudio, au nom du taureau

•22 mai 2013 • Poster un commentaire

claudioLeurs banderilles, les TorrEros ne les plantent pas dans la chair dure des taureaux. En Suisse, ce groupuscule d’une quarantaine de membres a déclaré la guerre à la corrida. Nous avons rencontré Claudio, un matin ensoleillé, dans une vallée de bon lait. "Tout doux Edelweiss, hola, mollo", a-t-il ordonné du haut de sa bête lancée à pleine allure. Il en est descendu, a posé un baiser délicat sur la truffe noire de son destrier, avant de le laisser brouter au milieu des pâquerettes. "Lui, c’est Edelweiss, rescapé des arènes de Séville en 2009", nous présente-t-il en remontant son boxer. Les TorrEros ont fait de la défense des taureaux leur cause sacrée, leur Croisade. "En France, vous avez une expression je crois : bander comme un taureau. Si nous tuons ces bêtes, cela signifie tuer l’Idéal, la Référence, le Beau". La démonstration est puissante. Claudio nous propose un bâton de réglisse puis scrute la montagne de ses yeux d’aigle.

"Regardez ces toreros espagnols, dans leurs collants moulants. Merde ! On dirait des danseuses, des chougneuses", lâche le blond helvète en brandissant un doigt d’honneur en direction du sud, en direction de "l’enfer ibérique". "Nous on ne veut pas de ça. La virilité, c’est un bien à défendre, dans l’espèce humaine, animale comme végétale". Nous apprendrons peu de temps après que Claudio est un grand collectionneur de cactus-cierges. "Edelweiss, mon ami, est doux comme un agneau. Le monde doit ouvrir les yeux, le monde doit sentir la tendresse du mâle". L’Espagne aurait récemment classé les TorrEros comme "organisation terroriste".

La photo est issue de www.bauernkalender.ch/ Ça vaut le détour.

D’un regard je te déshérite

•13 mai 2013 • Poster un commentaire

petit-slipok

Il regardait ses pieds, taille 45, et rien à part peut-être le rebond de sa cuisse n’en perturbait la vision. Au-dessus de son épaule, la respiration de son père se faisait de plus en plus saccadée, étouffée. Un sanglot sourd contracta sa poitrine et du coin de son œil chuta une larme glacée. Le père pleurait, le père refusait d’y croire. Il s’agissait bien de son Daniel, tireur d’élite dans l’armée du Roi de Belgique, instructeur de renom, pupille de Lynx, décoré de ces médailles jaune-noire-rouge qui font la fierté d’un homme des Flandres. Mais son Daniel… Ce héros privé "de la plus belle des médailles". L’horreur.

Face à ce père amputé soudain du Fils, la vingtaine de convives présents aux 60 ans du chef de famille se tait, se tient la bouche pour taire l’innommable. Seul le petit Ugo, 6 ans, pense à immortaliser la scène d’un flash cru. Un doigt de lumière pointé sur la Honte. Daniel venait de faire glisser son peignoir et s’apprêtait à faire jaillir ses muscles pour combler son père de bonheur. Cela devait être son cadeau, ce sera son cauchemar.

Daniel, ce n’est pas la taille qui compte. N’écoute pas ces voix qui ricanent dans ton dos. Tu as notre soutien.

Big bang de la mode : les tendances automnes 2013 avec Luc et Aurélie

•1 mai 2013 • Poster un commentaire

minou

Du style, de l’ego et une naïveté brûlante. Luc et Aurélie relancent ici les 90′s touche province, mi-gitan, mi-fonctionnaire. Une idée très courageuse de la liberté. Le chat (Truffaut, 220€) pour montrer qu’on est femme et l’univers en arrière-plan comme un clin d’œil grinçant au désir d’au-delà. Il y a de l’ironie dans ce pantalon large (Eurodif, 39€), un à-la-papa un brin bonhomme, quiproquo vestimentaire finement étudié. Du cuir et des fleurs (chemises "duo pour lui et elle", Kiabi, 54€) , des cœurs et du fluide. Adulte sans être sérieux. Un joli doigt d’honneur à la crise.

Par notre service mode / pouvoir d’achat

Une trace de pneu au fond du coeur

•27 avril 2013 • Poster un commentaire

ma becane-ma passion

Tu étais nue à mes côtés, lisse comme l’argent, ferme comme un diamant. J’avais dans mon corps toutes les vibrations du tien. Ces secousses qui tiennent l’âme en alerte et la pupille ouverte. J’aimais ton odeur, presque sauvage, ce râle que tu émettais quand je te montais dessus. Tu étais toute ma vie. Je t’aimais, ma bécane.

#entrecouilles

•25 mars 2013 • Poster un commentaire

amitievirile

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Cravate de notaire pour saints de glace

•21 mars 2013 • Poster un commentaire

Fraicheur VV

C’est une histoire tragique, passée sous silence, un drame de la neige que l’on aimerait ne plus jamais voir se reproduire. Sous les congères, le tabou. Sous les flocons, la souffrance. Alerte Orange à la honte. Nous sommes à Bouloc, petit village de Haute-Garonne, un mardi matin de ce mois de mars agité. Le ciel s’était couvert d’une chape laiteuse. Le mercure titillait le degré. Dans sa propriété bordée de tuyas centenaires, le notaire priapique gambadait, faisait son jogging quotidien. Nu, comme un ver, nu comme toujours. C’était son droit. Mais soudain, sa poitrine se crispa, sa vue se troubla. Crise cardiaque. Mort sur le coup.

La neige, qui commença à tomber en même temps que ses paupières, recouvra alors pudiquement d’un blanc linceul ce triste corps. Ce triste corps qui aimait tant l’amour et dont la virilité ne sera jamais diminuée. "On a pu déterminer qu’il avait neigé moins de 18 cm ce jour-là", confia un sapeur-pompier sans scrupule. "C’est plus efficace que Météo France !" En quelques heures, le village entier, le canton puis le département avait reçu la photo prise sur la scène du drame. "Adieu Mister Freeze" titrait le lendemain la Gazette de Boulac. Les pires blagues circulaient sur le pauvre notaire. "Maître X s’offre une glace deux boules", renchérissaient les mauvais chroniqueurs.

Jalousie ! Jalousie du petit peuple face à un homme mort droit sur le champ de bataille. Car le notaire priapique avait, dans son malheur, lancé un cri héroïque au ciel. Ce phallus éternel sur poudreuse immaculée. Ce solide bâton de pèlerin émergeait là, serein, d’une neige qui pourtant engendrait la panique dans tout le pays. Il est mort heureux, le notaire. Sans sa cravate.

A Boulac,
Glenn Orlando et Stuc Vaugirard

Claude Titty, lecteur velu

•10 mars 2013 • Poster un commentaire

Claude Titty

Pour beaucoup d’hommes, la virilité passe par les poils. Etrange idée, me direz vous. Les modes font et défont les toisons faciales, dictent des épilations intégrales ou des moustaches tarabiscotées. Alors comment peut-on dire qu’une barbe fournie est gage de masculinité ?
Claude Titty, savoyard grisonnant, s’est longtemps posé la question. Il est passé par de nombreuses étapes stylistiques et sexuelles avant d’en arriver là. Il a tâté de tout, mangé à tous les râteliers. Il a roulé sa bosse, comme on dit. En vieux sage de la pilosité, il nous confie : "J’ai 45 ans, je dirige une petite entreprise de semelles antidérapantes, je suis divorcé et pratique le frisbee en semi-professionnel durant mon temps libre. Ça en fait rêver certains, une vie comme la mienne, mais je suis un éternel insatisfait. J’ai toujours ressenti le besoin d’avoir quelque chose de plus que les autres, quelque chose de notable, de saillant et c’est pourquoi j’ai opté pour la barbe. Tu sais, un attribut comme le mien, ça fait réfléchir les gens, ça les impressionne et je sens qu’ils me respectent un peu plus qu’avant. Ça t’étonne ? "

Plus rien ne m’étonne mon cher Claude. Nous vivons au 21ème siècle et c’est le siècle de tous les possibles et de tous les espoirs. Si ta virilité est située sur ton menton, ça ne me pose aucun problème et ça me fait même sourire, vois-tu ? En tout cas, je te souhaite une bonne continuation et sache que tu n’es pas seul.

La bise.

 
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